Qui suis-je ?flag

Dès l’âge de 14 ans, je réalisais déjà des cartes abstraites à la gouache, très ressemblantes à ce que je fais aujourd’hui. Je ne pouvais pas savoir qu’un jour j’y reviendrais de manière totalement imprévisible.

Un jour de 1993, j’ai entendu une voix qui m’a dit : « Tu vas peindre ». Quelle surprise !

C’est alors que j’ai acheté ma première toile et que j’ai commencé. Après avoir essayé la peinture à l’huile, les feutres, les crayons fusains, les pastels, je me mis à expérimenter la peinture acrylique qui a l’avantage de sécher rapidement. Cela m’a tout de suite convenu, d’autant que je ne supporte guère les retouches ; ma façon d’être est spontanée et cela se traduit dans mes toiles.

Les couleurs chantent et dansent devant et au-dedans de moi, c’est comme une mélodie.

L’art abstrait a été dès le départ comme une intuition, une impulsion. Je n’ai pas cherché à avoir un style. Celui-ci s’est imposé à moi. La normativité m’échappe complètement. Mon bras est tout simplement guidé, il s’agit de peinture médiumnique.L’art abstrait est un merveilleux moyen pour exprimer des idées, des sensations, des vertiges, des joies ou des douleurs. Pour moi, l’art abstrait ne s’apprend pas, il s’improvise. Si pour certains, il apparaît énigmatique, incompréhensible, voire étrange ou dérangeant, il appartient en fait à chacun d’explorer la part d’inconscient qui entre plus ou moins furtivement, plus ou moins volontairement dans sa vie.

Des messages sont apparus dans certaines toiles ainsi que des corps et des visages, à mon plus grand étonnement.

Je choisis d’abord les couleurs qui vont entrer en scène, puis une sorte d’énergie que je ne cherche pas à retenir me dirige et élabore le tableau tout comme on peut écrire spontanément sur une page blanche, à la différence que l’intellect n’entre pas en jeu. C’est comme si ma main jouait toute seule avec le couteau et la peinture. C’est le subconscient qui choisit le mouvement.

Je ne sais jamais ce qui va se passer.

Comme le disait Picasso : »Un tableau est destiné non pas à expliquer mais à faire naître des émotions dans l’âme de celui qui le regarde ; le spectateur doit être arraché à sa torpeur, secoué, pris à la gorge ».

Quant à moi, ce n’est pas un travail régulier, je me décide seulement à peindre lorsque j’ai besoin de traduire une émotion, un instant ou d’entrer dans une autre dimension. La complexité n’est pas gratuite et je lance comme un défi d’aller à la rencontre de mes états d’âme.

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